Il est entendu que l’investissement immobilier est aujourd’hui une des manières les plus sécurisées de se construire un capital. C’est d’ailleurs la forme d’investissement préférée des français, et l’accès à la propriété représente toujours un objectif majeur pour de nombreux ménages. Entre les fluctuations des taux de crédits, le prix au mètre carré, les dispositifs incitatifs et les prévisions des experts, il est parfois difficile d’y voir clair. Mars 2017 est-il un bon mois pour acheter ? Tentons de démêler la situation.

Remontée des taux de crédits… qui restent bas !

En novembre 2016, les taux d’emprunt avaient atteint un record historique, en descendant à 1,31%. On a alors parlé d’une conjoncture exceptionnellement bonne pour acheter. Toutefois, vers la fin de l’année, les experts en immobilier ont commencé à annoncer une remontée des taux pour l’année 2017, remontée qu’ils présageaient lente et calme.

Leurs prédictions semblent se réaliser. Après être remontés de 7 points en janvier, les taux de crédits ont pris 11 points en février. Une hausse s’est donc clairement enclenchée, même si l’accélération d’un mois à l’autre ne va peut-être pas continuer. Aujourd’hui le taux moyen d’emprunt atteint les 1,49%.

Il faut donc nuancer l’impact de cette tendance. En effet, ce chiffre reste encore très favorable à l’achat. De plus, les taux d’emprunts d’Etat long terme (OAT) restent encore très stables, avec une moyenne de 1,1% et c’est sur eux que s’indexent les taux d’emprunts pour les particuliers. Pour l’instant, la situation reste donc très encourageante.

Baisse du prix du neuf… qui restent élevés !

On avait prévu fin 2016 que l’actualité de l’immobilier, l’année suivante, serait dominée par l’évolution des taux, l’emploi et les élections, avec peu de changement au point de vue de la demande, une remontée des taux de crédit mais aussi une stabilisation ou une baisse du prix des logements.

Cette prévision là aussi semble se réaliser, puisqu’on commence à assister à une légère baisse des prix dans le neuf. Il est important de nuancer cette constatation : comme toujours dans l’hexagone, cette baisse est disparate d’une commune à l’autre, et ne concerne pas les grandes villes.

C’est donc là que le bas blesse. Les prix dans le neuf ont baissé ces derniers mois et c’est bien évidemment une bonne nouvelle pour les particuliers. Néanmoins, il reste en France une inadéquation des prix élevés et d’une économie plutôt en berne, avec un nombre de propriétaires stables. Les investisseurs seraient donc en droit d’espérer voir chuter sensiblement les prix de l’immobilier, comme ça a été le cas dans d’autres pays européens. Pour l’instant, ils attendent toujours.

Ils peuvent toutefois placer un peu d’espoir dans l’Indicateur de Tension Immobilière (ITI), une statistique mise en place par le site MeilleursAgents et qui indique les baisses ou augmentation attendues. Ces pronostiques se basent sur l’évolution mensuelle de l’offre et de la demande par département. Pour mars 2017, l’ITI indique une majorité de 52 départements français, réparties de façon égale sur le territoire, pour laquelle on peut s’attendre à une baisse des prix de -3 à -5%. L’indice est encore meilleur pour 31 départements pour lesquelles la baisse annoncée est supérieure à -5%.

Des dispositifs incitatifs qui fonctionnent toujours bien

Du côté des dispositifs incitatifs mis à disposition des français, le bilan est excellent : en 2016, le saut quantitatif aurait été de près de 19% de ventes supplémentaires dans le neuf. Il n’est donc pas étonnant de voir ces dispositifs prolongés et élargis.

La loi Pinel, qui favorise l’investissement locatif par des réductions fiscales, allant jusqu’à 2% par an sur neuf ans, est maintenue pour un an de plus. Elle est également élargie pour concerner toutes les zones du territoire français, même si sur deux de ces zones (B2 et C) elle est assujettie à une décision préfectorale au cas par cas.

Le prêt à taux zéro (PTZ), très avantageux lui aussi, en particulier pour les primo-accédants,  est également maintenu en 2017. Il permet de financer jusqu’à 40 % d’un achat immobilier, sous conditions de ressources et en fonction du type de bien acheté.